Où les morts lèveraient leur
visage brûlé
Vers le ciel du matin, sans avis timoré,
Et voleraient partout par un ballet adroit
Je veux
pouvoir nager dans les eaux du destin
Pour tirer, çà et là, quelques âmes fragiles
De leur trépas précoce, et forger l'évangile
D'une aube où la survie serait plus qu'un
instinct.
Je veux pouvoir briller d'une aura angélique,
Eclairer des tombes pour forcer le retour
De ces corps dévorés par un bec de vautour,
Brisés dans leurs chutes, sans espoir de
réplique.
Je veux pouvoir tirer de ce torrent de larmes
La moindre panacée et détourner le cours
Du temps ; anéantir ces ennuyeux discours
Que le naïf éructe en de cuisants vacarmes
Je veux
pouvoir jouer avec le mauvais sort
Et par l'acier, le feu, la prière ou la rime,
Damner mon essence pour cet unique crime,
Sans honte ni remords : je veux tuer la mort."

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"Le monde
appartient à ceux qui rêvent trop",
Disait un malade,
La terre se dévoile à tous un
jour
Dans sa véritable essence,
Et lon veut tout
croire,
Et lon veut tout voir,
Tout essayer
Pour tenter de sauver
Les squelettes de leur
mort
Un regard en arrière,
Et tout en nous se perd
Les mots perdent leur vertu
L'espoir vient périr,
Et du héros bravant les enfers,
Ne reste plus qu'un
cafard
Babillant tous ses cauchemards
En sanglots
Sur le parvis d'une tombe...